Marketplaces collaboratives :

MVP ou MLP ? Un choix stratégique décisif
MVP ou MLP ? Un choix stratégique décisif
29/06/2016 The people from Cocolabs

Au commencement était l’idée. Puis l’eau a coulé sous les ponts, et quelques discussions plus tard avec son associé, on se retrouve à concevoir sa plateforme. Se pose alors une question dont la réponse aura un nombre d’implications et de répercussions très difficile à délimiter : Devons-nous nous lancer avec un MVP ou un MLP ?

Tout d’abord, « MVP », « MLP », que signifient donc ces sigles ? « Je ne me suis jamais posé cette question ?! »

Il s’agit du terme anglais « Minimum Viable Product », ce qui signifie littéralement : le produit minimum pour rendre une idée viable sur un marché. Le MVP compte sur une pure « disruptivité » pour impulser une adhésion, c’est un véritable all-in sur l’idée. Considéré comme le produit idéal pour les start-ups pendant des années grâce à son compromis entre ses coûts et sa rapidité à être déployé, il est désormais challengé par un nouveau courant de pensées, tout particulièrement insufflé par les problématiques de l’économie participative : le MLP, le Minimum Lovable Product.

On l’a déjà dit sur ce blog, tout l’enjeux d’une marketplace de services est de fédérer une communauté. Le MLP part du postulat que les utilisateurs à aller chercher sont ceux qui vont aimer se servir du produit plutôt que ceux qui ne vont faire que l’utiliser. Apple, Harley-Davidson, le concept ne date pas véritablement d’hier mais avec les nouveaux géants Tesla et Uber à l’ascension fulgurante, force est de considérer que son effet inertiel est à développer.

Tout manager est confronté à « l’équation prix, qualité, délais ». Trois options sont donc disponibles pour la résoudre :

  • Sacrifier le prix : Directement fonction de vos capacités de négociation, on se contentera d’un « bonne chance » et de proposer l’article suivant qui donne quelques idées : Emotion and the Art of Negotiation
  • Sacrifier la qualité : Choisir un MVP. En économie participative, que ce soit en B2B, B2C ou même C2C, cette approche est à proscrire, même pour une preuve de concept. En effet, une preuve de concept est bien plus risquée qu’elle n’y parait, à commencer par le fait de voir son MVP concurrencé par un MLP en simultané, ce retard est irrattrapable et dans une économie winner takes all, il n’y a pas de porte de sortie. Quand bien même le timing serait excellent, la clientèle qui se voit proposer ce canal alternatif est très sensible à la première impression. Une structure peu robuste, instable ou non ergonomique fera avorter toute intention de transaction. Il faut prendre conscience que le message envoyé lorsque l’on gère une plateforme de ce type est que l’on prétend pouvoir organiser une transaction entre deux personnes qui ne se connaissent pas et que l’on ne connait pas, que la prestation se déroulera et se déroulera bien. Il y a une raison pour laquelle les banquiers portent des cravates. Mettez une cravate à votre plateforme.
  • Sacrifier les délais : Choisir un MLP. Le temps est incompressible et le même pour tous, la première chose dont s’assurer est que le délai fixé a un sens :

 – Un délai invraisemblablement court témoigne un manque d’expérience ou un mensonge sciemment mis en avant pour remporter un appel d’offre, un seul conseil, fuir ! Vous perdrez bien plus de temps que vous n’en gagnerez. La confiance est le ciment de toute relation.

 – Un délai trop long (dans le web, au-delà de 6 mois) est également signe de manque d’expérience. Le timing est capital et le momentum trop difficile à reprendre une fois perdu, sachez l’apprécier.

Ainsi le sacrifice des délais est le plus superflu d’entre tous en partant du postulat que vos concurrents devront faire de même pour développer leur MLP. La position idéale pour pénétrer un marché étant celle d’apporter un MLP à une communauté rompue à un ou plusieurs MVP : la preuve de concept est faite sans perte de temps et la communauté amorcée et identifiable.

Pour plus d’informations sur le passage du modèle MVP au MLP, nous conseillons la lecture de cet article : So long MVP. Hello Minimum Loveable Product.

0 Avis

Laisser une réponse